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Parallaxe, Septembre 2016

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À la Photokina 2016, tout devient plus grand, ou moyen (format)

Des équipements et des gadgets, des trucs bizarroïdes et du wifi, des mégapixels et des Wienerschnitzel ! Même des appareils photos volants ! Mais la réelle vedette fut le retour en force de la photographie moyen-format. Le Hasselblad X1D et le Fujifilm GFX 50S ont fait courir les foules et suscité un grand intérêt. S’inspirant d’Apple, Leica a décidé de ne rien annoncer d’importance. “Nous allons faire nos propres éfénements” a proclamé Herr Anonymus Hun. “Restez pranchés!” Quelques clins d’œil et hochements de tête m’ont fait comprendre qu’un nouvel appareil T et des objectifs seraient annoncés en 2016.

 

La meilleure partie de Photokina était la galerie photo qui, pour la troisième fois de suite, était produite et commanditée par nos amis de Leica Camera AG. Il n’y avait pas moins de vingt expositions occupant plus de 1800 m2, toutes savamment imprimées, organisées et éclairées. Parmi les exposants, nous avions Kurt Hutton, un des premiers maîtres Leica, trop souvent ignoré, qui a documenté la Vieille Europe, ainsi que Jens Umbach, dont le projet de paysages et portraits afghans (rappelant le travail de Richard Alvedon) a suscité de vives émotions et d’intenses débats sur l’Afghanistan, sur ses transformations à l’interne et son impact sur le monde.

 

J’étais heureux de voir que mon bon ami Ara Güler avait été élu au Leica Hall of Fame. Son exposition, voisine de celle d’Alex Webb, rappelait l’âge d’or du photojournalisme. D’autres m’ont impressionné, parmi lesquels Jacob de Boer, un jeune canadien de Toronto dont les photos noir et blanc sur les origines du café étaient élégantes et dignes, il en va de même pour Roger Ballen dont les portraits des exclus de la société émouvraient même le plus dur des cœurs. 

 

Puis, il y avait Bruce Gilden, dont la fascination pour les êtres en marge et leur apparence ne connait pas de fin. Très technique, pris au flash avec un Leica S, je me sentais en présence d’une présentation étrange dans une clinique dermatologique pour traiter l’acné adolescente et gériatrique. Il a baptisé son exposition American Made, mais moi qui ais voyagé fréquemment aux États-Unis dans les quarante dernières années, je peux affirmer ne jamais avoir croisé de sujets semblables. J’aimerais demander à cet excellent photographe Magnum : “pourquoi ?” et “à quelle fin ?”

 

Le retour à la maison à Wetzlar !

Fidèle à mon habitude, je suis allé faire un tour à Wetzlar après avoir assisté à la Photokina. Une petite promenade dans la vieille ville le long de la rivière Lahn permettait de réfléchir à Oskar Barnack et à sa petite création. Nous ne sommes pas seulement débiteurs de son génie pour l’appareil photo Leica, nous le devons aussi à la topographie de Wetzlar, dont les collines ornant les deux côtés de la rivière ont dû inspirer Barnack quand il allait travailler.

 

J’ai profité d’une invitation pour visiter le Leitz Park. Conçu pour être un symbole du savoir-faire et de l’excellence de Leica, il dépasse largement ce mandat. Il s’y retrouve un sens de fierté renouvelée et d’une profonde raison d’être de ce grand fabriquant d’appareils photos. J’ai été guidé par Roland Elbert, un ingénieur de Leica qui a œuvré en Allemagne et à Midland, Ontario. Il avait un savoir encyclopédique et, ce qui m’a impressionné pour un homme ayant passé plus de trente ans au sein de la même compagnie, une passion et un dévouement contagieux. Il était ravi d’être revenu à Wetzlar après avoir été à Solms. Petit bonus, il peut maintenant aller travailler en vélo.

 

Il est difficile de réaliser que ce manufacturier allemand qui a transformé le monde de la photographie n’emploie pas plus que 350 personnes dans son usine. Il y a quelques centaines de personnes de plus qui travaillent à l’administration et au marketing, mais ce sont les ouvriers et ingénieurs qui sont responsables des appareils M, Q, S, SL, X et bientôt des nouveaux T, ainsi que de plus de cinquante objectifs avec tous leurs éléments taillés, polis et recouverts à la main par des gens ayant le même dévouement que Roland Elbert.

 

On a souvent attribué la résurrection et la pérennité modernes de Leica aux M8 et M9, assurant son avenir pour plusieurs années. Je préfère penser à l’arrivée d’Andreas Kaufmann en 2004 comme étant le point tournant de cette compagnie. Sa vision et son dévouement pour produire des appareils et objectifs de haut niveau tout en promouvant la photographie ont permis d’amener la compagnie là où elle est aujourd’hui, dans une position bien plus enviable que par le passé. Les grands photographes saisissent la vie telle qu’ils la voient. Aujourd’hui, Leica joue de nouveau un rôle de premier plan dans cette démarche.

 


Dr. Andreas Kaufmann

 

Le Leitz Park témoigne de l’imagination et de la concentration de Kaufmann. Cet ensemble est une merveille de design, de beauté, de fonctionnalité, tout en ayant la fluidité du musée Guggenheim. C’est un espace très Zen avec ces courbes et des couleurs apaisantes. Mais plus important, il a une âme !

 

Voir l’histoire de Leica ainsi que tous ces appareils affichés sur les murs est très impressionnant, mais le bijou de la couronne est l’immense espace d’exposition présentant des œuvres anciennes et récentes des maîtres Leica, parfaitement présentées et éclairées ainsi qu’une belle galerie dédié aux Leica Hall of Fame

 

Oh et n’oublions pas la Leica Boutique, avec sa galerie photo, sa bibliothèque pleine de livres photos et un coin café. J’ai déjà vu ça quelque part, pas vous ?

 

The Return ! - Le retour ! Welcome back Leica. - Bon retour Leica Still Standing! - Toujours debout ! Zen Central! Pause café A Place to chill! - Où se détendre Photographs everywhere - Des photos partout 36 icons/100 years - 36 icônes/100 ans Jealous! - Jaloux ! Pow! Hall of Fame! Summilux 50 Hand assembly! - Assemblage à la main du 50 Lux Herr Elbert! Herr Elbert! Stefan Daniel, Always young, cheerful and helpful! - Toujours jeune, joyeux et de bon conseil. The Spot! The Picture! - Le Spot! La Photo!

Le randonneur du Rhin.

J’ai pris deux jours et j’ai remonté la vallée du Rhin en voiture, mon Leica Q dans mon petit sac. Une fois imbibé d’histoire, de Rieslings, et entouré d’Allemands rigolos (un oxymore s’il en est un) et d’une belle lumière automnale, on ne peut s’empêcher d’être inspiré pour prendre des photos.

 

***

Au plaisir de lire vos commentaires.

                Photographiquement vôtres,

                Jean Bardaji et Daniel Wiener

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