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Parallax Newsletter Novembre 2012

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Le jeu des noms

Il y a une dizaine d’années, soyons francs, le télémétrique battait sérieusement de l’aile. Désireux d’aider à redonner au nom Leica — la marque d’appareils photo que j’ai toujours admirée et utilisée — et faire comprendre à tous que ces magnifiques appareils étaient plus que l’écho de temps passés, mais bel et bien des outils photographiques actuels, j’ai décidé de créer une Leica Boutique dédiée au sein de Camtec Photo. Après beaucoup d’efforts et avec le soutien de clients loyaux, Leica Boutique est devenu le principal détaillant Leica au Canada. Le M8 fut le début du renouveau pour Leica et l’arrivée du M9 vint confirmer cela en remettant les télémétriques en selle.

 

Ivre de son succès, Leica s’est mis à ouvrir des magasins à outrance, sous les bannières Leica Boutique (un nom que j’avais déposé des années auparavant, mais qu’ils voulaient désormais utiliser en exclusivité) et Leica Store. Cependant, les boutiques de Leica sont à l’opposé de notre vision. Elles présentent la marque comme un produit de luxe, une rareté pour nouveaux riches et gens célèbres. De notre côté, nous avons toujours promu une approche démocratique et détendue. Nous croyons que les Leica ont leur place dans les mains de tout photographe passionné. Il nous fait plaisir de démontrer les capacités hors-norme de cet outil (et même ses points faibles) afin de vous permettre de décider si, oui ou non, c’est celui qu’il vous faut.

 

Malgré l’abandon du nom et de l’URL Leica Boutique, sachez que la photographie télémétrique, en particulier au Leica, demeure ma passion. Nous mettons sur pied un nouveau site Web pour pour que Camtec Photo soit le reflet de cet amour avec un portail télémétrique dédié aux produits Leica, Zeiss, Voigtlander, Fuji, Artisan & Artist etMatch Technical, à nos programmes M Vision, notre galerie, notre infolettre Parallaxe et nos bulletins. Nous y présenterons l’information de façon claire et instructive et allons réunir toutes nos opérations sous le nom Camtec Photo.

 

Sur le site et au magasin, vous serez toujours servi par l’équipe la plus enthousiaste, informée et capable du pays !

Le Monochrom pour voir la vie en rose

Les All Blacks de Nouvelle-Zélande, les White Sox de Chicago, et Fifty Shades of Grey… si le monde était en noir et blanc alors le Leica Monochrom serait mon appareil à tout faire. L’atelier Leica Akademie Monochrom du 20 octobre dernier fut une opportunité extraordinaire pour mettre ce M unique à l’épreuve. Sans plus de flafla, voyons ce que les fichiers DNG nous ont montré.

 

On ne parlera jamais assez de la bonne exposition. Ceux parmi nous qui furent élevé à la diapo le remarquerons, le Monochrom a été conçu pour nous. Son posemètre classique et centré est on ne peut plus prévisible et fiable. Exposez pour les hautes lumières et vos fichiers garderont un maximum d’information. N’oubliez cependant pas que ce qui sort de l’appareil n’est pas le résultat final. L’image semble peu contrastée pour éviter que les hautes lumières ne soient brûlées et que les ombres perdent leur détail. Cependant, ces fichiers sont plus flexibles qu’un contorsionniste travaillant pour Guy Laliberté. Tant que les blancs sont intacts, on peut jouer avec les courbes sans risque de perdre trop de détail dans les hautes lumières. Je fus très content de voir un bruit de type analogique, granuleux et doux dans les zones sous-exposées, ainsi que les détails subtils dans toute la plage des tonalités offrant un rendu totalement “anumérique”, même dans les photos prises à très haut ISO.

 

Alors, de quoi se plaindre ? Sceptique de nature, je m’attendais à ce que cet appareil ne séduise que les puristes du noir et blanc les plus acharnés. Après tout, un fichier de M9 bien converti offre des résultats fabuleux. Mais le Monochrom a un look unique, une richesse de tonalité et une netteté qui, à mes yeux, frôlent la perfection.

 

J’ai quitté l’atelier en planant sur un nuage achromatique, virevoltant jusqu’à ma voiture où j’ai allumé la chaîne Hi-Fi — stéréo — pour m’embarquer sur l’autoroute où, magnifique ironie, un faible rayon de soleil perçait au travers du ciel grisâtre, laissant apparaître un merveilleux double arc-en-ciel au dessus de St-Henri.

Deniz Merdano : Dans les pas d’Ara Güler et d’Alex Webb

La communauté photographique montréalaise est familière avec le travail et l’enseignement en noir et blanc du Turco-Canadien Deniz Merdano. Il me fait plaisir de mettre en lumière sa dernière réalisation +90, où Deniz témoigne d’une grande compréhension des nuances culturelles de sa Turquie natale. Le titre vient de l’indicatif du pays, mais souligne également le quatre-vingt-dixième anniversaire des grandes réformes de Mustafa Kemal Atatürk.

 

Parmi les photos de l’essai figure celle d’un homme regardant la mer tandis que son chien contemple la terre. C’est cette dualité que Deniz a si bien mis en évidence. Sa collection d’images reflète, sans exploiter ou mettre à mal, une partie de la Turquie côtière où le chemin de la modernisation et de la prospérité est ponctué d’un passé omniprésent.

 

Imprimé en 9.5”. x 12”. au format paysage, le livre est disponible dans la section Publications de notre site Web, ou au magasin pour 27.50$. Si vous êtes intéressé par un excellent reportage photographique, l’essai de Deniz mérite toute votre attention.

+90 +90 +90 +90 +90 +90 +90 +90

Un outil app-roprié pour le reportage

Le magazine Newsweek va cesser la publication de son édition papier en 2013. Si les salles d’attente vont être frappées de plein fouet, la plupart d’entre nous reconnaissons que le futur n’est pas dans les médias traditionnels.

Un monteur de film indépendant et excellent photographe, Hubert Hayaud a développé une application pour la mise en page et la publications d’histoire sur iPad. Son projet, MANAUS The Great Move est d’abord apparu sur GEO France. Mais le magazine n’en a publié que neuf images.

Hubert et le photographe Jacques Denis ont ressenti le besoin de publier l’histoire intégrale. Au cours de trois voyages, ils avaient accumulé beaucoup de très belles images et des enregistrements sur l’histoire complexe et ardue de l’urbanisation rapide et violente. Hubert préféra une application iPad à un documentaire basé sur le Web pour le montrer. En partenariat avec Écorce Atelier Créatif, il a développé un modèle attrayant et facile d’utilisation. Il le rend disponible pour les autres photographes et documentaristes indépendants.

Pourquoi une app plutôt qu’une diffusion Web ?

“Pour réaliser un bon docuweb, il faut souvent investir beaucoup d’énergie et d’argent dans l’expérience de navigation qui, dans un sens, doit être unique. Pour cette application, nous avons essayé de calquer l’expérience de la lecture d’un magazine. Le grand avantage était que la programmation n’allait pas être trop onéreuse. L’idée principale était de permettre au photographe de se concentrer sur le contenu, l’histoire et le sujet sans être distrait.”

Ce choix a un autre avantage par rapport au docuweb. Tandis que le prix de 2.99$ offre au consommateur un rapport qualité-prix hors du commun, le système de vente par iTunes permet au photographe d’être rémunéré pour son travail. Cela permet une croissance saine de la photographie et du reportage indépendant.

Manaus Manaus Manaus Manaus Manaus Manaus Manaus Manaus

Des photos qui défient

On ne saurait être ambivalent devant une photographie de Jordan Weitzman. Voilà un photographe avec un œil à part et un enthousiasme sans pareil dont les images surprennent le spectateur en leur montrant des moments en apparence anodins et ordinaires de manière à provoquer une réaction viscérale. Au sein de son cursus grandissant, vous reconnaitrez l’influence de nombreux géants de notre métier. De Eisenstaedt à Ribout et àMcCurry, Jordan leur rend hommage en prenant des photographies inattendues et inoubliables. On retrouve des échos aussi incongrus que ceux de Nan Goldin et de son professeur et mentor David Alan Harvey se retrouvent d’une photo à l’autre, cela met en valeur la diversité de styles et d’approches qu’a su embrasser ce photographe montréalais.

 

Fan de la pellicule et de son M8 numérique, Jordan sait faire usage de la capacité unique du télémétrique pour voir au-delà des lignes de cadrage. Offrez cela à un photographe ouvert d’esprit et vous obtenez des images qui, pour moi, témoignent d’une composition inspirante et saisissante. Tandis que la plupart d’entre nous se sent écrasée par un environnement pesant intellectuellement, Jordan sait s’en échapper et maintenir sa vision sans répondre à quelque ordre que ce soit

 

La définition du mot “amateur” est : “Personne qui a du goût pour quelque chose, l'apprécie, le recherche et en possède une certaine connaissance.” Cela semble une bonne description pour cet artiste émergeant et éclectique.

Ah bon ?

Y aurait-il des hérétiques en liberté dans le monde haute-résolution de Luminous Landscape ? Nous avons repéré dans un texte récemment publié sur le site une phrase qui a du plonger quelques habitants de ce petit univers en état de catatonie profonde : “However photography is not entirely about resolution and tonal scale.” . Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du HD...

Lunatique s’il en est...

Tout commença par une rumeur prometteuse avant la Photokina. Hasselblad devait annoncer des nouvelles extraordinaires qui allaient changer le visage de la photographie. Je commençais à rêver d’un X-Pan numérique. N’oublions pas que l’original était une superbe idée, un magnifique appareil bi-format pour créer des images panoramiques. Il pouvait exposer des pellicules 35mm au format traditionnel 24x36mm ou dans une ligne 24x65mm.

 

Ayant fait le voyage jusqu’à Cologne pour assister à la Photokina, je pris un siège à la conférence de presse, fébrile. Après toute une mise en scène, aveuglé par les lumières et le scintillement, je pus apercevoir un Sony NEX-7 enrobé dans une coque sur mesure qui ferait paraître RuPaul comme un exemple de modération.

 

Voici le Hasselblad Lunar, mal inspiré, bouffi et paré de bijoux, un équivalent photographique de 2012 d’un Elvishas-been emballé dans des pâtes d’éléphants à paillettes. Arborant une poignée sur mesure qui s’avère aussi ergonomique qu’un bec de toucan, c’est là un exemple frappant d’excès commercial et de l’idée tordue qu’il y a un grand nombre d’oligarques, cheiks et autre nouveaux riches en mal d’égo en attente d’être exploités.

 

Au nom de Victor Hasselblad, à quoi pensaient-ils ? Ne sont-ils pas au courant que Leica s’est déjà accaparé le marché de la vanité ? De quel droit prétendent-ils pouvoir accéder au ring de la non-modération remporté par l’Édition Hermès du Leia M9-P à 25 000$ ou la Série Limité Jean-Louis Dumas à 50 000$ ? Au moins, les éditions spéciales de Leica vous offrent de très beaux produits.

 

En 1969, Hasselblad réalisa des éditions spéciales de ses appareils 500EL pour l’aventure lunaire. Quarante-trois ans plus tard, nous sommes assurés que le Lunar n’est que le premier pas de la démarche d’Hasselblad. Le bon de géant sera l’œuvre de la vague de produits à venir porteur du même ADN. Ça va faire mal !

Le temps file

Il semble que c’était hier. Nous profitions du soleil estival lors de notre atelier M Vision à Kamouraska. Maintenant, nous nettoyons nos pare-brises et nous nous préparons à la course vers Noël.

À tous les clients et amis de Camtec Photo, nous vous offrons nos sincères remerciements pour votre soutien. Tous nos vœux à vous et à vos familles pour la saison des fêtes et 2013.

 

Au plaisir de lire vos commentaires.

 

Photographiquement vôtres,

 

Jean Bardaji et Daniel Wiener

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Où les Leicaistes se réunissent!

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